Il roulait à 120 km/h à vélo sur l’autoroute : un adolescent de 16 ans double la police sur sa bicyclette

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Imaginez la scène. Vous roulez tranquillement sur l’autoroute, vous voyez des motards de la police… et là, un adolescent de 16 ans, en vélo trafiqué, les double à près de 100 km/h. Sur une autoroute, en plein jour, sans casque. Cela paraît fou, presque irréel, et pourtant c’est bien arrivé près de Marseille.

Un adolescent à vélo… lancé à 90 km/h sur l’autoroute

Les faits se déroulent un samedi, en début d’après-midi, sur l’autoroute A50 à la sortie de Marseille. Des motards de la CRS autoroutière sont en pleine verbalisation d’un automobiliste en excès de vitesse. Situation classique. Jusqu’au moment où un VTT surgit sur la voie.

Sur ce vélo, un jeune de 16 ans. Pas de casque. Pas d’équipement de protection. Pourtant, le compteur de la moto des policiers affiche environ 90 km/h quand il commence à les dépasser. L’adolescent roule donc à la vitesse d’une voiture sur une autoroute ouverte à la circulation.

Surpris, l’un des agents se lance immédiatement à sa poursuite. Quand il arrive à sa hauteur, le compteur indique encore 91 km/h. Nous ne sommes plus dans le simple vélo assisté. C’est clairement autre chose.

Un VTT transformé en « bolide » électrique

Une fois le jeune homme arrêté, les policiers regardent de plus près ce drôle de deux-roues. Et là, tout s’explique. Le vélo est en réalité un engin largement modifié, bien loin du simple VTT de loisir.

Il est propulsé par un moteur électrique de 5000 W, alors que la limite légale en France pour un vélo à assistance électrique classique est de 250 W. Il ne possède plus de pédales. Il est équipé d’un compteur électronique de moto. Bref, on est beaucoup plus proche d’une moto électrique non homologuée que d’une bicyclette.

La mémoire de l’appareil enregistre même une vitesse de pointe de 121 km/h. Soit la vitesse d’une voiture sur autoroute. Avec un simple cadre de VTT, des freins prévus pour 25 km/h, et un adolescent sans protection. Le risque de chute grave, voire de décès, est évident.

Ce que dit la loi sur les vélos électriques trafiqués

En France, un vélo à assistance électrique (VAE) doit respecter plusieurs règles pour être considéré comme un vélo.

  • Puissance maximale du moteur : 250 W
  • Assistance limitée à 25 km/h
  • Le moteur doit s’arrêter quand on arrête de pédaler

Dès que l’on dépasse ces limites, l’engin n’est plus juridiquement un vélo. Il devient assimilé à un cyclomoteur ou à une moto. Il doit alors être homologué, immatriculé, assuré, et son conducteur doit avoir un permis adapté. Ce qui n’était évidemment pas le cas pour ce jeune de 16 ans.

En trafiquant un vélo pour le faire filer à plus de 50 ou 60 km/h, on s’expose à des poursuites. Et en cas d’accident, l’assurance peut refuser de prendre en charge les dommages. Financièrement et juridiquement, les conséquences peuvent être lourdes.

Pourquoi rouler sur l’autoroute à vélo est extrêmement dangereux

Certains peuvent se dire : « Il roulait vite, donc il suivait le rythme ». En réalité, c’est une illusion très dangereuse. Un vélo, même ultra rapide, n’a pas la même stabilité ni la même protection qu’une voiture ou une moto.

Sur autoroute, la vitesse moyenne dépasse souvent les 110 km/h. Les véhicules sont lourds, le vent latéral est fort, les distances de freinage sont longues. Un vélo trafiqué, avec un cadre et des freins prévus pour des vitesses bien plus faibles, n’est pas conçu pour cela.

Et surtout, en cas de choc ou de simple chute à 90 ou 100 km/h, le corps n’est pas protégé. Sans casque, sans airbag, sans carrosserie, un accident peut devenir dramatique en une seconde.

Les suites pour l’adolescent : quelles infractions ?

Dans cette affaire, le jeune homme, originaire de Marseille, explique aux policiers qu’il s’est « perdu » à cause de son GPS. Il n’a pas le permis, ce qui est normal à 16 ans pour une voiture, mais il circule malgré tout sur autoroute avec un engin assimilable à un deux-roues motorisé.

Il échappe au procès-verbal pour excès de vitesse, car la situation juridique de l’engin est complexe. En revanche, il est poursuivi pour :

  • Circulation interdite sur autoroute pour ce type de véhicule
  • Défaut de port du casque, indispensable sur un deux-roues motorisé

Son vélo trafiqué est saisi par les forces de l’ordre. Une confiscation logique, car l’engin est dangereux pour lui-même et pour les autres usagers de la route.

Un phénomène qui inquiète : la mode des vélos surboostés

Derrière cette histoire spectaculaire, il y a une tendance de fond. De plus en plus de jeunes s’intéressent aux vélos électriques surpuissants, aux trottinettes débridées, aux kits de transformation vendus en ligne. En quelques clics, on peut acheter des moteurs, des contrôleurs, des batteries bien au-delà des limites légales.

Sur le papier, cela fait rêver : accélérations fortes, sensations de moto, tout en gardant l’apparence d’un simple vélo. Mais sur la route, surtout en ville ou sur voie rapide, les conséquences peuvent être tragiques. Ni l’infrastructure, ni les équipements, ni la formation des utilisateurs ne suivent.

Ce type de pratique crée aussi un climat de méfiance envers les utilisateurs de vélos et d’EDPM (engins de déplacement personnel motorisés). Quelques comportements extrêmes peuvent ternir l’image de tous les autres usagers responsables.

Comment rouler électrique en sécurité et dans la légalité

Si vous aimez la sensation de vitesse et l’électrique, tout n’est pas interdit, bien au contraire. Il existe des solutions légales et plus sûres.

  • Choisir un vélo à assistance électrique homologué, bridé à 25 km/h, pour un usage urbain ou périurbain
  • Opter pour un speed pedelec (jusqu’à 45 km/h) homologué comme cyclomoteur, avec casque, assurance et équipements adaptés
  • Se limiter aux pistes cyclables et aux routes où les vélos sont autorisés, jamais les autoroutes ni voies rapides
  • Porter systématiquement un casque, des gants, et si possible des vêtements avec éléments réfléchissants

L’adrénaline ne doit jamais prendre le dessus sur la sécurité. Un simple virage mal négocié, un trou dans la chaussée, un coup de vent, et la chute peut devenir dramatique à haute vitesse.

À retenir de cette histoire hors norme

Cette scène surréaliste d’un adolescent doublant la police à près de 100 km/h sur un VTT trafiqué fait sourire au premier abord. Elle intrigue, elle surprend. Mais quand on regarde de plus près, elle révèle tout ce que l’on ne voit pas toujours : les dangers des engins modifiés, les risques juridiques et la fragilité d’un corps face à la vitesse.

Oui, les vélos électriques et les nouvelles mobilités changent notre façon de nous déplacer. Mais ils demandent aussi plus de responsabilité. Respecter la loi, ce n’est pas seulement éviter une amende. C’est surtout se donner une chance de rentrer chez soi vivant, chaque jour.

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